Dialogue entre un oiseau et un papillon

 

- « Hello, monsieur l’oiseau ! Avez-vous vu la météo ce matin ? demande madame papillon. J’ai mis ma plus belle robe mais je crains que la pluie n’efface les belles couleurs.

- Coucou madame Papillon !  Effectivement, vos couleurs sont magnifiques. C’est du Dior ? Du Lanvin ? Je n’ai pas vu la météo ce matin, mais si vous avez 5 minutes, je regarde ça vite fait.

- C’est du Yves Saint-Forêt haute couture, dessiné spécialement pour le grand bal du domaine du Taillis ce soir. Vous avez reçu votre invitation ?

- Le grand bal du domaine du Taillis ? Je n’étais pas au courant. Encore un coup de Bertrand ! Sacré facteur que nous avons là !

 

- Ah, ce foutu hibou, ça ne m’étonne pas de celui-là, rétorque madame papillon. Qu’importe, vous serez mon cavalier si vous voulez. On parle d’un concert des Rouge-Gorge Sisters et du Big Bang des Cigales.

- Les Rouge-Gorge Sisters ! Je les adore !  s'exclame l'oiseau. Mais ça, je me vengerai. J’irai chanter toute la journée près de son nid, à Bertrand. Comme ça, il ne pourra pas dormir. Quand je pense, les Rouge-Gorge Sisters, quand même …. J’ai tous leurs CD. Mais je ne sais pas si on me laissera entrer.

- Bien sûr que si !  le rassure madame papillon. Je vais appeler immédiatement la chouette en chef qui préside la soirée, Vous ne pouvez pas rater ça. Et le buffet ! On parle d’un jeune chef qui fait fureur. Son pâté de vers de terre revisité est une merveille.

- Si c’est celui de l’an dernier, il y avait aussi une terrine de moucherons et de fourmis au coulis d’orties sauvages. Hum, je me régale à l’avance, dit l'oiseau. En tout cas, vous êtes un amour. Savez-vous s’il y aura la bergeronnette à tête rouge ? Vous savez, cette danseuse de French Coincoin renommée ?

 

- La bergeronnette à tête rouge, je l’ai déjà vue au Bois Sacré l’an dernier, c’était extra. Ah, un texto de le chouette en chef. Un peu coincée, celle-là. Elle est scandalisée par le laxisme de Bertrand. Elle vous envoie illico un pigeon porteur d’invitation.

- La Postair, on ne peut plus s’y fier maintenant. Ce ne sont plus les facteurs d’autrefois. On le voit avec Bertrand. En tout cas, merci. Vous avez vos entrées à ce que je vois. Il faut que je pense à amener une petite musaraigne pour remercier la chouette en chef. J’espère que le pigeon porteur d’invitation ne va pas trop tarder, s'inquiète l'oiseau.

- Non non, c’est imminent. Au fait, j’ai entendu dire que la pie voleuse sera de la fête. Il faudra bien surveiller nos bijoux. On pourrait demander au renard d’ouvrir l’œil.

- Ah non ! Pas la pie voleuse !  s'écrie l'oiseau. Je ne la supporte pas. Elle vient toujours jacasser près de mon nid de sa voix horrible. En plus, c’est la reine du cancan. Je ne sais pas si je vais venir.

- Allons donc ! Vous êtes au-dessus de tout ça. Venez, il y aura le tout Taillis, qui sait, peut-être la presse. Je frétille d’impatience. Allez, prenez mon bras, mais prenez garde à ne pas froisser mes ailes.

- Vous commencez à m’agacer, bougonne l'oiseau en colère. Le tout Taillis, la presse, une robe de Yves Saint-Forêt …. On n’est pas vraiment du même monde. Et laissez-moi rire, monsieur renard pour surveiller les bijoux ! Vous êtes bien naïve. Je le connais monsieur Renard : rusé comme il est, vos bijoux, vous pourrez leur dire adieu. Ça commence à bien faire avec vos grands airs »

Et hop ! L'oiseau attrape le papillon et le mange !

Co-écrit par Martine et Agnès. Martine était le papillon et Agnès l’oiseau